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Un stage en librairie-café, ça donne quoi ?
Portrait de Cali, 21 ans, en première année de master métiers du livre, actuellement en stage dans une librairie café.
CONFIDENCES ÉDITORIALES
Yness Sébire
6/1/20263 min temps de lecture
Diplômée d’une licence de lettres, Cali a décidé de poursuivre en master métiers du livre et de l’édition. Comme beaucoup, son truc à elle, ça a toujours été les livres. De nature introvertie, ses lectures ont été son refuge pendant des années.“Quand j’étais plus jeune, j’étais très introvertie [...] me plonger dans un livre m’a permis de me créer mon propre monde”. Alors, faire un stage en librairie, qui plus est une librairie-café, c’était comme une évidence.
Des attentes réalistes
Cali n’a jamais eu une vision biaisée de la profession. Quand elle imaginait le quotidien d’un libraire, elle voyait davantage la clientèle qui faisait vivre les locaux plutôt que les fantasmes associés à la profession. Alors, évidemment, on pourrait penser que les libraires sont de grands lecteurs, et oui, c’est peut-être le cas. Mais c’est avant-tout un métier qui nécessite plusieurs casquettes. Les journées de Cali sont rythmées par des missions diverses, et même si la routine finit toujours par s’installer, la clientèle assure un renouveau chaque jour.
Des missions variées
La polyvalence est la force des libraires. Dans sa librairie indépendante et généraliste, elle explique que beaucoup d'événements prennent place pour faire vivre l’établissement. Accueil de classes scolaires, dédicaces… il y a toujours du monde qui circule entre les murs. Cali raconte qu’elle a plusieurs tâches, elle joue un rôle tant dans l’encaissement des clients, que dans le rangement des livres, le service café du matin, ou encore les retours. “Je m’occupe des cartons de retours, c’est les livres qu’on a depuis longtemps mais qui ne se vendent plus. On les renvoie au distributeur, à condition qu’ils soient vieux de plus de 3 mois”. Elle manie également certains logiciels tels que Ellipse, un logiciel de gestion de librairie qui sert à gérer les stocks, ou encore la caisse. “Quand tu bipes un livre sur Ellipse, si ça s’affiche en vert c’est qu’on l’a en stock, en orange qu’on l’a déjà eu, et en rouge si on ne l’a jamais eu." "On attribue une “famille” aux livres comme “poche” “poésie” “roman ado".
Sa librairie étant située en Nouvelle Aquitaine, elle indique que sa librairie utilise également LINA, un site dédié aux librairies indépendantes de Nouvelle-Aquitaine, qui permet de référencer les librairies à proximité et de commander en quelques clics le livre souhaité dans la librairie de son choix.
La place de stagiaire
“Le premier jour t’es un peu là en tant qu’observateur” nous dit-elle. Elle explique que sa librairie a l'habitude de prendre des stagiaires, et bien qu’elle ait été bien accueillie, elle n’est pas forcément incluse dans tout “pour les pauses on ne me proposait pas tout le temps si je souhaitais venir”. Comme beaucoup de stagiaires, ses missions ne sont pas toujours une partie de plaisir, et parfois même un peu ingrates. Cali s’est vue confier des tâches répétitives, qui manquaient de clarté. Ses collègues ayant tous une organisation différente, elle devait parfois compenser les manquements des uns et des autres. À ses débuts, on lui a adressé une liste de titres de livres qu’elle devait chercher dans toute la librairie, sans précision du genre littéraire, de l’auteur, et avec des stocks faussés. “J’ai passé l'après-midi à chercher des livres, qui souvent n’étaient pas au bon endroit, et où les stocks ne correspondaient pas à ce qu'on avait réellement en librairie”. Mais globalement, elle retire tout de même une bonne expérience de son stage, consciente de sa chance de “toucher à tout”. La clientèle est agréable, et l'établissement familial chaleureux “je prends des pauses quand j’en ai envie”.
Poursuite professionnelle, un détour obligatoire par Paris ?
Même si l’univers de la librairie a toujours attiré Cali, en rentrant en master, elle a aussi songé à travailler en maison d’édition. Ce qui l'intéressait, c’était surtout l’aspect communication, ou le graphisme. Malheureusement, le secteur de l’édition étant concentré exclusivement en région parisienne, elle a très vite abandonné l’idée. “Le domaine est trop fermé, il faut habiter à Paris [...] j’ai pas tenté de postuler là-bas, il aurait été impossible de me loger”. À la place, elle avait choisi de cibler les maisons d’édition de Bretagne et de Vendée, mais elle n’a essuyé que des refus. Sur la faible moitié qui lui a adressé une réponse, tous ont indiqué ne pas prendre de stagiaires. Une dure réalité pour la jeunesse qui essaie de s’insérer sur le marché du travail. Malgré tout, le métier de libraire lui plaît toujours autant, elle hésite même à continuer son master. “Je vais essayer de me trouver un travail d’ici septembre” conclut-elle.
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