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La face cachée de l'édition

Portrait d’une masterante de métiers du livre, en stage dans une maison d’édition indépendante.

CONFIDENCES ÉDITORIALES

Yness Sébire

6/2/20262 min temps de lecture

assorted cards on white table
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Enfant, elle rêvait d’être éditrice. Notre invitée que nous nommerons A. pour préserver son anonymat se livre sur les coulisses du métier d’assistante d’édition. Entre appels et mails incessants lors de ses jours de congé et absence de tutorat, l’opportunité tant attendue semble avoir tourné au vinaigre...

Une personnalité débordante

C’est avec un CV bien rempli que A. a décroché son stage en maison d’édition. À seulement 23 ans, elle cumule une licence de lettres modernes et un bachelor en communication. De nombreuses expériences professionnelles en poche, A. a été curatrice littéraire, bêta-lectrice, correctrice, médiatrice littéraire ou encore vidéaste. Autour d’elle, personne n’est surpris “mes amis me voient comme une personne curieuse” “j’aime être sur plusieurs projets en même temps”. A. le sait, elle a une personnalité débordante et quand elle veut quelque chose, elle se démène pour l’avoir. Et c’est cette énergie qui lui permet d’obtenir le graal pour tout étudiant dans la branche: un stage en maison d’édition.

La douche froide

“Mon inspiration d’enfant était d’être éditrice [...] spoiler, je me suis pris un mur”. Voilà les premiers mots que nous a confiés A., en début d’interview. Elle qui n’a jamais été attirée par le domaine des archives ou des bibliothèques, expliquant qu’elle avait besoin d’un quotidien de travail plus stimulant, a rapidement déchanté. Pourtant, quand son éditrice l’a appelée pour lui dire qu’elle était prise en stage, A. avait d’abord des étoiles dans les yeux. Et puis son rêve de petite fille s’est consumé dans une pluie de météores. Car dans sa maison d’édition, A. s’est rendue compte qu’il n’y avait que des stagiaires non rémunérés. Le seul poste de salariée était celui de la directrice de maison, qui, à l’entretien, lui avait indiqué chercher des stagiaires “autonomes” sous-entendant implicitement qu’elle serait complètement livrée à elle-même “le premier jour, à peine assise, elle m’a dit de faire de la préparation de copie ligne par ligne alors que je ne savais même pas de quoi le livre parlait.” En discutant avec les autres stagiaires, A découvre un sentiment partagé “t’es pas là pour apprendre, t’es là pour faire”, lui confie l’une d’entre elles. Elle se voit également proposer des missions alléchantes comme la tenue d’un stand lors d’un festival, une plus value intéressante à ajouter à son CV. Mais encore une fois, c’est la douche froide. Son éditrice lui indique ne pas payer l’hébergement sur place, se contentant de défrayer ses billets de train. Le comble pour une stagiaire non rémunérée.

La désillusion d’un secteur

Déjà déçue par son master, qu’elle juge trop théorique et peu formateur en édition, A. ne poursuivra pas sa trajectoire professionnelle dans ce sens. Pour elle, le métier d’éditeur n’est pas celui qui la fait vibrer “je voyais le métier comme un métier humain [...] dans ce milieu c’est très individualiste”. Son esprit créatif trouvera plutôt sa place dans la communication, une branche qu’elle apprécie pour son côté humain et sa proximité avec les gens.

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